Au cours des derniers mois, l’évaluation du projet Onimiki s’est poursuivi afin de permettre aux partenaires d’avoir accès aux bonnes informations et de prendre une décision éclairée. Des questions légitimes ont été soulevées à propos du projet, mais également des conclusions hâtives.
C’est dans ce contexte que Chef Lance Haymond de Kebaowek First Nation et Cheffe Lisa Robinson de Wolf Lake First Nation ont tenu à signer une lettre ouverte pour faire en sorte que leur voix soit entendue. Nous la reproduisons ici.
« Nous sommes les chefs des Premières Nations de Kebaowek et de Wolf Lake.
Au cours des derniers mois, nous avons entendu de nombreux commentaires et préoccupations à propos du projet Onimiki, un projet communautaire de centrales hydroélectriques qui utiliseraient les forces hydrauliques du lac Kipawa au Témiscamingue.
En tant que partenaires du projet avec la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh (Mashteuiatsh) et la MRC de Témiscamingue, nous croyons qu’il est important que notre voix soit entendue en réponse aux questionnements soulevés.
Le rôle de chef de nos Premières Nations vient avec de nombreuses responsabilités.
Nous devons nous assurer de répondre aux besoins de nos membres et qu’ils aient accès aux services auxquels ils ont droit.
Nous devons également défendre sans relâche les droits ancestraux non cédés sur le territoire.
Nous avons une responsabilité envers notre territoire et de faire en sorte que ses ressources soient utilisées de manière responsable. C’est un devoir transmis de génération en génération afin que celles qui nous suivrons puissent elles-aussi en bénéficier.
Un modèle d’énergie communautaire par et pour le milieu
C’est avec cette vision en tête que nous envisageons de proprement évaluer le potentiel du projet Onimiki. À nos yeux, ce projet 100% communautaire représente une occasion de développement pour nos communautés qui nous donneraient accès à des sources de revenus pour répondre aux besoins grandissants de nos membres.
Pour nous accompagner, nous avons fait appel à la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh qui a développé plusieurs projets de centrales hydroélectriques en respect du milieu et de l’environnement. Nous travaillons également de concert avec nos voisins de la MRC de Témiscamingue.
Par le passé, les Premières Nations ont été de simples spectateurs du développement sans qu’elles aient leur mot à dire. Ces développements passés ont entraîné d’importants changements sur notre territoire.
Aujourd’hui, la situation est différente. Le développement du territoire doit se faire en partenariat avec les communautés autochtones. Le modèle de l’énergie communautaire nous offre la chance de réaliser un projet durable et responsable par et pour le milieu. C’est ce qui distingue le projet Onimiki du feu projet Tabaret, un projet imposé et imposant.
Des préoccupations légitimes
Aujourd’hui, nous demandons du temps et de la confiance pour terminer correctement l’évaluation du projet Onimiki. Nous voulons également que les débats soient fondés sur les faits, pas sur des conclusions hâtives.
Il est légitime que les gens s’interrogent sur les impacts du projet et souhaitent avoir des réponses à leurs questions. Nous voulons également avoir les réponses à ces questions !
Les études sont en cours. Une fois les résultats disponibles, ils seront partagés publiquement, incluant au BAPE à notre demande.
Nous avons toujours été fermes dans notre opposition aux projets ayant trop d’impacts sur le territoire. Les projets d’extraction minière près du lac Kipawa et le projet de dépotoir nucléaire de Chalk River projeté en bordure de la rivière Kichi Sibi (rivière des Outaouais en anishnabemowin) sont inacceptables à nos yeux en raison des impacts potentiels sur la qualité de l’eau.
Si nous jugeons que les impacts du projet sont trop importants par rapport aux avantages, le projet n’ira pas de l’avant.
Nous croyons qu’il est possible de proposer un projet porteur pour l’ensemble du Témiscamingue qui tiendra compte de l’ensemble des enjeux environnementaux, sociaux, économiques. »
Chef Lance Haymond, Kebaowek First NationCheffe Lisa Robinson, Wolf Lake First Nation